«Précarité sociale, racisme et révolte». Conférence de Michel Kokoreff

16.09.2016

Vendredi 23 septembre à 19h
Centre de la culture visuelle / 44, rue Glybotchitska, 1er étage
 
L’Institut français d’Ukraine et le Centre de la culture visuelle ouvrent, avec cette conférence, le cycle « La ville – discrimination, ségrégation, intégration – expérience française » conçu et réalisé en collaboration avec le Centre d’études franco-russe (CEFR).
 
Les mouvements sociaux récents en France l'ont à nouveau démontré : ce n'est pas seulement la question du travail qui est centrale aujourd'hui dans la société française, mais celle de la précarité sociale, subie par des millions de salariés, syndiqués ou pas, de lycéens et de étudiants, sans parler des chômeurs. Ce que l'on a appelé « l’institutionnalisation du précariat » est bien réel. Cela signifie que ce n'est plus seulement l'exclusion qui menace aux bords ou aux marges de la société, mais la « déstabilisation des stables » qui met en péril ce qui fait société, basée sur les valeurs de cohésion sociale, de solidarité, de redistribution. Une telle vulnérabilité sociale est la porte ouverte à une violence accentuée des rapports sociaux dont les effets se donnent à voir aussi bien dans le thème de la souffrance au travail et du harcèlement moral et sexuel que dans l'exposition des femmes aux violences sexuelles, dans la persistance du racisme, de l'antisémitisme et des discriminations que dans la montée de l'islamophobie. C'est sur ce double front - social et ethnoracial - que les révoltes contemporaines trouvent leur terreau.
 
Né en 1959, Michel Kokoreff est Professeur des universités au Département de sociologie de l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis et Directeur-adjoint du CRESPPA (Centre de recherche sociologiques et politiques de Paris, Unité mixte du CNRS). Il travaille depuis une vingtaine d’années sur les transformations sociales et politiques des quartiers pauvres des banlieues françaises. Il a publié de nombreux articles et ouvrages, parmi lesquels, Les mondes de la drogue (Odile Jacob, 2000, en collaboration avec Dominique Duprez), La force des quartiers. De la délinquance à l’engagement politique (Payot, 2003), Sociologie des émeutes (Payot, 2008) et Refaire la cité. L’avenir des banlieues (La République/Seuil, 2013, en collaboration avec Didier Lapeyronnie).
 
 
Entrée libre
Avec traduction consécutive en ukrainien