A l’occasion de la Journée internationale de la femme, l’Institut français d’Ukraine a invité à Kiev et à Kharkiv Léonora Miano, écrivaine franco-camerounaise.
Née en 1973 à Douala, au Cameroun, Léonora Miano vit en France depuis 1991. Elle a accédé au succès en 2005 dès la parution de son premier roman L’intérieur de la nuit (Plon, 2005) plusieurs fois primé. Depuis ses livres continuent à faire entendre avec force et talent des voix africaines, notamment féminines… Elle est l’auteur de huit romans, dont Contours du jour qui vient (Plon, 2006, prix Goncourt des lycéens), Les aubes écarlates (Plon, 2009), La Saison de l’ombre (Grasset, 2013, prix Femina).
Ses deux romans les plus récents Crépuscule du tourment 1, Melancholy (Grasset, 2016) et Crépuscule du tourment 2, Heritage (Grasset, 2017) mettent en scène, pour le premier quatre voix de femmes s’adressant au même homme : un chœur convergeant vers un centre muet ; tandis que le deuxième part de l’intériorité de cet homme, autour duquel gravitent d’autres figures masculines et les femmes de sa vie. « Depuis 2008, j’avais en tête cette galerie de portraits. Je savais que je ferai un roman sur des femmes », explique Léonora Miano. Crépuscule du Tourment est un roman féminin plus que féministe car aucune cause particulière n’y est défendue. Ce n’est pas un essai mais une fiction. Un roman choral féminin mais sur la masculinité. Des histoires qui s'entrelacent dans un récit façonné avec brio. Car si les quatre personnages sont des femmes, il y est question d’hommes. D’un homme. Le portrait d’un homme fragile, fait à l’image d’un tableau d’un impressionniste grâce au concours de quatre femmes. C’est un homme faible, fragile, infantilisé, victime et souffrant de violence qu’a vécue sa mère, incapable d’aimer. La violence de son père envers sa mère a tué toute velléité d’amour en lui.
Avec ses quatre personnages féminins, l’écrivaine dresse une galerie de personnages qui sont quatre façons d’être femme. Pour elle, il faut se battre contre les stéréotypes dont les femmes sont victimes qui devraient « apparaître comme des fleurs dont rien ne gâte la délicatesse, la légèreté. La plupart découvre la vie à travers une humiliation dont il faut se relever ». Pour Léonora Miano, les femmes ne sont vraiment pas des choses fragiles !
ENTREE LIBRE
Avec traduction consécutive en ukrainien